
Robert S. Grant avait vécu. On lisait dans ses yeux graves le voile du passé, de ces effroyables souvenirs brumeux, et les vacarmes du drame, et les combats aveugles, et le gout du sang. On lisait dans ses yeux graves l'orgueil de la vie, de l'aboutissement, de la pérennité de ses nobles racines. On y lisait la confiance édifiée par des attentes qui ne pouvaient se dérober.
Mais on lisait aussi dans les yeux graves de Robert S. Grant le pénible poids des ans, de ceux qui s'acharnent à alourdir l'allure de nos pas. On y lisait le soucis de la postérité, nourri par les traces immuables des blessures de l'âme. Le chagrin de l'existence qui pâlit sur les images fanées du passé. C'est pourquoi, dans les yeux graves de Robert S. Grant, on lisait en fait un paradoxe. L'illusion de l'éternel. Mais la lassitude du lendemain.
La talentueuse Suhani m'a fait l'honneur d'écrire ce texte d'après le croquis de votre serviteur. Allez visiter son blog, si vous ne voulez pas choper la tuberculose aviaire !
Très beau portrait, aussi bien à l'écrit que sur le dessin !
RépondreSupprimerMerci… A la base, c'était juste un pti croquis du soir… mais Suhani a eu la bonne idée de se sentir inspirée !
RépondreSupprimerJ'adore le concept ;)
RépondreSupprimerLe dessin et le texte vont vraiment bien ensemble beau boulot !
Merci, Fid !
RépondreSupprimerCompliment d'autant plus touchant, que pour une fois, texte et dessin ne sont pas de la même personne.